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Contes et légendes

Les présents des Génies de l'eau

L'hyène vint un jour trouver le lièvre et lui dit : « Allons chercher des ceintures de verroterie pour nos femmes. »
L'hyène ramassa des graines de karité, les traversa d'un fil et donna sept ceintures de cette sorte à sa femelle.
Le lièvre, lui, passa trois jours dans la brousse sans trouver ce qu'il désirait. Enfin, las de cette recherche vaine, il vint se reposer sous un baobab. « Ah ! s'écria-t-il, que l'ombre de cet arbre est donc agréable !
— Goûte de mes feuilles ! répondit le baobab. Elles te seront plus agréables encore que mon ombre ! »
Le lièvre cueillit une feuille et la mangea.
« C'est vrai, dit-il. C'est délicieux !
— Mon fruit est encore meilleur au goût !
— Si je pouvais en avoir beaucoup, j'en ferais commerce et je deviendrais très riche ! déclara le lièvre.
— C'est donc la richesse que tu cherches ?
— Oui.
— Eh bien ! vois à l'intérieur », dit l'arbre dont le tronc s'ouvrit alors.
Le lièvre regarda et vit de l'or, des colliers, des bijoux, des vêtements somptueux, des richesses de toute sorte. Il tendit la patte vers toutes ces choses désirables.
« Attends un peu ! conseilla le baobab. Ce n'est pas ici que tu trouveras ce qu'il te faut. Va dans le champ de tomates : tu y rencontreras celui qui te donnera tout ce que tu peux souhaiter. »
Les présents des Génies de l'eau - illustration 1
Le lièvre passa dans le champ voisin. Il y trouva un petit génie des eaux en train de manger des tomates. Quand celui-ci l'aperçut, il lui cria : « Ne me tue pas ! Je sais pourquoi tu viens ici et je peux te procurer ce que tu cherches. Accompagne-moi dans les profondeurs du marais, mais garde-toi bien de rire de ce qui se passera sous tes yeux.
« D'abord, mon père reviendra du pâturage. Il voudra poser sa houlette contre le mur, mais ce sera le bâton qui saisira mon père et le placera contre ce même mur.
« De même, lorsque ma mère rentrera, portant un fagot qu'elle voudra jeter à terre, c'est elle-même que tu verras rudement jetée sur le sol par le fagot.
« Ensuite, ma mère tuera une poule à ton attention, mais elle t'en apportera les plumes rôties au lieu de la viande. Mange les plumes comme s'il n'y avait rien de plus naturel. »
Le lièvre promit d'obéir en tout point. Le petit génie le mena alors au fond du fleuve et tout se passa comme prévu. Le lièvre passa sept jours en compagnie de ses nouveaux amis.
Le matin du septième jour, le chef du village aquatique sortit de sa case.
« Notre chef va convoquer tout son peuple, dit le petit génie au lièvre. On te présentera deux calebasses. Prends la plus petite des deux.
— C'est bien compris ! » répondit le lièvre.
Et en effet, il choisit la plus petite des calebasses qu'on lui donna à choisir. On lui recommanda de ne l'ouvrir qu'une fois rendu chez lui. Le lendemain matin, les génies le firent sortir du fleuve sans qu'il eût un seul poil de mouillé.
Il rentra chez lui et ouvrit alors seulement la calebasse. Elle renfermait des trésors de toute sorte, en quantité. Il en fit cadeau à sa femme.
Lorsque celle-ci parut au puits, couverte de bijoux, la femme de l'hyène en ressentit une si furieuse jalousie que, de rage, elle cassa les fils des ceintures que son mari lui avait offertes. Elle rentra au plus vite au logis et apostropha celui-ci : « Tu n'es bon à rien ! lui cria-t-elle. La femme du lièvre a de belles ceintures d'or et les miennes sont faites de graines d'arbre ! Si tu ne m'en apportes pas de pareilles, je m'en retournerai chez mon père et tu ne me reverras plus ! »
L'hyène prit alors un morceau de charbon. « Je saurai bien, dit-elle, où le lièvre s'est procuré tout cela ! » Elle alla se poster en gémissant derrière la case du malin compère. Celui-ci vint s'informer de la cause de ces cris. « Ah ! geignit l'hyène, depuis une semaine j'ai des rages de dents ; un abcès s'est formé et maintenant le pus, cessant de couler, s'est durci. Toi qui es plus adroit que moi, tu dois pouvoir me le retirer.
— Comment puis-je être sûr que tu n'en profiteras pas pour manger ma patte ? s'inquiéta le lièvre.
— Voyons, comment un malade pourrait-il manger celui qui l'a guéri ? »
Rassuré, le lièvre entreprit alors de soigner l'hyène. Il introduisit sa patte dans la gueule de l'hyène qui aussitôt referma ses mâchoires. « Je ne ferai qu'une bouchée de ta patte, si tu ne me dis pas où tu as trouvé tous les cadeaux que tu as faits à ta femme.
— C'est d'accord ! » répondit immédiatement le lièvre tout tremblant.
Le lièvre mena alors l'hyène sous le baobab et l'arbre lui parla comme il avait fait au lièvre. L'hyène se rendit dans le champ de tomates et commença par brutaliser le petit génie.
Celui-ci la prévint alors de rester impassible devant les spectacles qui lui inspireraient la plus forte envie de rire, mais l'hyène ne put se retenir. Quand le choix lui fut proposé entre les deux calebasses, l'hyène, que le petit génie n'avait pas mise en garde volontairement, choisit la plus grande.
Une fois dans sa case, après en avoir soigneusement clos les sept portes, l'hyène prononça la formule magique qu'on lui avait confiée : « Changement de changement ! » La calebasse s'ouvrit. Il en sortit un martinet en peau de bœuf qui la flagella furieusement. L'hyène courut affolée dans sa case, brisa à demi ses portes en tentant sans succès de les ouvrir. Enfin lorsque la septième porte céda, elle se précipita au-dehors, toujours poursuivie par la cravache.
C'est depuis lors que l'hyène ne se soucie plus de chercher des parures pour sa femme et ne s'occupe plus que de ses propres affaires.
Source : Collectif, Contes africains, ill. Grégoire Vallancien, rue des enfants
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