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Contes et légendes

Le roi et ses enfants

Le roi et ses enfants - illustration 1
Le roi Keita, sur ses vieux jours, appela ses trois fils : l'aîné Mamadi, le cadet Mambi et le benjamin Kalilou. « Mes chers enfants, leur dit-il, je suis très âgé. Je me sens malade ce matin, et je pense n'avoir plus que quelques jours à vivre. Comme je vous aime bien, je vais vous donner en héritage quinze tonnes d'or. J'ai fait trois parts égales, les voici. » Et dans un grand coffre, à côté du lit du roi, apparurent les héritages respectifs des enfants.
Le surlendemain, le roi Keita rendit l'âme.
Les funérailles terminées, les deux aînés se demandèrent comment ils pourraient dépenser leur héritage. Ils achetèrent des troupeaux, firent construire des cases, parcoururent tout le pays pour offrir à leur mère et à leurs femmes les plus beaux bijoux, les plus belles étoffes. Puis ils passèrent leurs jours en festins continuels. L'argent, on le gaspillait.
C'était à celui qui organiserait les plus belles fêtes, aurait les plus beaux tam-tams.
Un jour, les mères de Mamadi et de Mambi rendirent visite à la mère de Kalilou. Elles se moquèrent d'elle et la ridiculisèrent en constatant qu'elle ne profitait pas de l'héritage de son fils. Après le départ des deux femmes, la mère de Kalilou, furieuse, se rendit aussitôt chez son fils.
« Fils ingrat, cria-t-elle, tu ne m'offres jamais de cadeaux, tu n'organises jamais de fêtes. Vois un peu comment vivent tes deux frères, prends donc exemple sur eux… »
Et elle fondit en larmes.
Kalilou ne répondit rien mais partit dès le lendemain matin en voyage.
Au premier village qu'il traversa, des enfants malmenaient un chien qu'ils tenaient en laisse. Ils le conduisaient au fleuve pour le noyer.
« Pourquoi, chers enfants, voulez-vous tuer ce chien ?
— Il a dévoré la viande du fils du roi.
— Prenez cette poignée d'or et vendez-moi votre chien. »
Les enfants, qui ne s'attendaient pas à pareille aubaine, n'hésitèrent pas un seul instant. Et Kalilou continua sa route, accompagné du chien. En entrant dans un deuxième village, il aperçut des petites filles qui pendaient un chat.
« Pourquoi pendez-vous ce chat, fillettes ?
— Parce qu'il a bu le lait du roi.
— Prenez cette poignée d'or et vendez-moi votre chat. »
Et Kalilou se remit en marche, suivi du chien et du chat.
En entrant dans un troisième village, il vit un chasseur qui allait tuer un vautour.
« Pourquoi, chasseur, veux-tu tuer ce vautour ?
— Parce qu'il dévore les oiseaux du roi.
— Tiens, voilà une poignée d'or et donne-moi ton vautour. »
Et Kalilou, accompagné du chien, du chat et du vautour, à qui il avait sauvé la vie, reprit sa route.
Ils arrivèrent bientôt dans un espace désert, où l'on remarquait simplement une grotte.
« Homme, dit le vautour. Ici est mon logis. Entre dans cette caverne. Ne crains rien. »
Tous y pénétrèrent. Sur un perchoir en or était juché le roi des vautours, entouré de ses sujets.
« Grand chef des vautours, cria le rapace, je te présente l'homme qui m'a sauvé la vie. Il mérite une récompense.
— Laquelle ?
— Il mérite l'anneau. »
Le chef des vautours quitta son superbe perchoir, vint se poser auprès de Kalilou, ouvrit son énorme bec et dit : « Homme, sous ma langue se trouve une bague magique. Prends-la, je t'en fais cadeau. Chaque fois que tu désireras quelque chose, dis-le, ton vœu sera tout de suite exaucé, mais surtout ne perds jamais cet anneau. » Kalilou prit l'anneau et répondit : « Je te remercie beaucoup, chef des vautours. » Puis : « Je désirerais rentrer de suite au village. »
Il avait à peine terminé sa phrase qu'il fut chez lui. Sa mère vint le voir, le traita à nouveau d'enfant ingrat et se remit à pleurer.
Kalilou sortit de la case, prit son anneau et dit : « Je désirerais être le chef d'un grand village et avoir un riche palais comme habitation. » Un vacarme épouvantable se fit entendre. La mère effrayée sortit de la case de son fils et vit une ville et un somptueux palais qui surgissaient de terre. « Chère mère, dit Kalilou, c'est là désormais que nous habiterons. » La pauvre femme n'en croyait ni ses yeux ni ses oreilles.
Le lendemain, Kalilou se maria, mais il commit une grave imprudence. Il raconta à sa jeune épouse l'histoire de l'anneau magique. Profitant du profond sommeil de son mari, la femme lui déroba l'anneau et s'enfuit chez ses parents.
Immédiatement, Kalilou se réveilla dans une pauvre case. Plus de palais, plus de ville ! Le chien et le chat se consultèrent et décidèrent de récupérer l'anneau du maître. Ils arrivèrent au village de la jeune femme, près de la case où elle logeait. Le chat dit : « Chien, reste près de la porte et tiens-toi prêt à t'enfuir. » Puis, il pénétra dans la case.
La jeune femme était assise près du foyer. Le chat, en ronronnant, s'approcha d'elle.
« Quel beau chat », fit la jeune épouse et elle le caressa, le prit sur ses genoux. L'animal se laissa faire.
Brusquement, il sauta à la gorge de la femme qui, tout effrayée, recula en hurlant. La bague qu'elle tenait sous la langue tomba à terre. Le chat la prit, fuit vers la porte et bondit sur le dos du chien qui détala à toute vitesse. Quelle ne fut pas la joie de Kalilou quand il revit l'anneau !
Son premier soin fut de souhaiter la mort de sa femme et depuis, il s'est bien juré de ne jamais dévoiler de secret à aucune femme, si gentille fût-elle.
Source : Collectif, Contes africains, ill. Grégoire Vallancien, rue des enfants
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